Les phares de la côte : les sept lumières de notre littoral

Ils sont la lumière qui rassure et guide les marins perdus dans leur nuit noire. Plus que centenaires pour la plupart d’entre eux, esthétiques, bâtis à l’entrée de ports de caractère (Sète, Port-la-Nouvelle, Port-Vendres) ou en des lieux offrant des vues à couper le souffle et propices à de belles balades (cap Cerbère, cap Béar, cap Leucate, L’Espiguette), ils méritaient d’être à leur tour mis en lumière.

Cap Cerbère              [feu blanc – 4 éclats – 15 secondes – portée : 15 milles]

Premier phare français en arrivant d’Espagne, il est situé à six cents mètres de la frontière. Planté sur ce cap qui s’enfonce dans la mer, il signale nos côtes comme le chien Cerbère gardait la porte des enfers. D’architecture résolument moderne, alimenté par des panneaux solaires, il fut construit en 1982, date à laquelle il remplaça l’ancien feu qui signalait l’entrée du port. Depuis le promontoire, on devine toutes les criques de la cote jusqu’au cap Creus.

Le Cap Cerbère, son phare, la vue vers le sud

Cap Béar       [feu blanc – 3 éclats – 15 secondes – portée : 30 milles]

Ce cap est l’un des plus redoutés de la côte nord de Méditerranée. Quand souffle la Tramontane, il ne fait pas bon se trouver en bateau dans ces parages. D’autant plus que le cap, par effet Venturi, accélère les rafales. Il est donc naturel qu’un premier phare y ait été installé dès 1836. Il est à l’époque muni d’un feu fixe. C’est en 1905 qu’est construit l’édifice actuel. Les bâtiments situés à proximité abritaient les gardiens et servent toujours aux matériels de service. L’ensemble phare et bâtiments est classé monument historique.

Le phare (à gauche) ; le cap, le phare et le sémaphore vus de la mer (à droite)

On accède au site à partir de Port-Vendres. Situé sur le sentier du littoral qui court d’Argelès à Cerbère, on peut à partir du cap faire des balades somptueuses avec des vues à couper le souffle notamment vers le sud.

Vues depuis le cap Béar ; sur la photo de droite, on distingue le cap Cerbère tout au fond

Phare de Port-Vendres        [feu à occultation vert – 4 secondes – portée : 8 milles]

Situé sur le fort du fanal, c’est l’un des plus anciens de notre littoral ; il fut allumé en 1700. Il se présente sous la forme d’une tour carrée érigée dans un fortin. Equipé à l’origine d’un système d’éclairage fonctionnant à l’huile d’olive, il est ensuite doté d’une focale qui produit alors un feu fixe blanc (1848). En 1912, le feu passe à occultation. Le phare est électrifié en 1929 et le feu deviendra vert en 1950. Vert car il indique l’entrée tribord quand on arrive par la mer. Il est également classé monument historique. Un mot sur le feu qui marque l’entrée bâbord (rouge). Il présente en effet une architecture originale sur pilotis et il est doté d’un système mécanique automatique qui positionnait les marches de l’escalier en colimaçon systématiquement dans le sens du vent pour lui offrir moins de prise.

Le phare dans le fortin ; à sa droite, le pylône qui sert de support aux 3 feux qui indiquent si l’on peut entrer dans le port (l’accès est interdit quand un cargo manœuvre dans la passe)

On profitera du passage à Port-Vendres pour déambuler sur le long du port, en rêvant à l’âge d’or des paquebots, joliment illustré par les panneaux qui jalonnent les quais.

Port-Vendres, un port de caractère

Phare du cap Leucate                      [feu blanc – 2 éclats – 10 secondes – portée : 27 milles]

Situé sur la falaise du même nom, on alluma ses feux en 1951. Il se présente sous forme d’une tour pyramidale à section carrée d’une hauteur de 17 mètres (soit 86 mètres au-dessus du niveau de la mer) ; les bâtiments attenants abritent des locaux techniques destinés à l’entretien. La falaise de Leucate est un terrain de randonnées inépuisable. Les points de vue sur la côte Vermeille sont toujours aussi beaux, tandis qu’au nord, le golfe du Lion déroule la courbe de ses immenses plages de sable.

Le phare et la vue sur le golfe depuis la falaise (vers le nord)

Phare de Port-la-Nouvelle               [feu blanc – scintillant – 1,2 s – portée : 14 milles]

L’histoire des phares de Port-la-Nouvelle est aussi riche que complexe. Un premier feu est édifié en 1794 sur le fort Saint-Charles, qui deviendra par la suite La Vigie. Puis (en 1808), la lanterne est déplacée sur un pylône bâti à l’extrémité de la jetée sud. Détruit lors d’une tempête, il est remplacé par une tourelle de 8 mètres de 1834 à 1881, date à laquelle un nouveau phare de 9 mètres de hauteur est construit. En 1929, suite au prolongement de la jetée, c’est un phare de 26 mètres qui est cette fois élevé. Détruit par les allemands en 1944, il est reconstruit en 1951 sous forme d’une tour cylindrique de 18 m de haut. Suite aux importants travaux d’extension du port en cours actuellement, il est possible que l’histoire des phares du port ne soit pas terminée.

La jetée et le phare (début XXe siècle)
le phare aujourd’hui

Phare de Sète du Môle Saint-Louis            [feu rouge – 4 éclats – 15 secondes – portée : 15 milles]

Le phare vue de la mer (à gauche) et depuis le môle (à droite)

Le port de Sète est créé en 1666 pour servir de débouché au canal du Midi (canal royal du Languedoc). Le môle est terminé en 1682. Un fanal est installé à son extrémité deux ans plus tard. Il est détruit et reconstruit à plusieurs reprises pour laisser place en 1831 à une tour de 25m de haut abritant 24 lampes à huile. C’est en 1861 qu’est édifié l’ancêtre du phare actuel. Les lampes seront successivement éclairées au pétrole, à la vapeur de pétrole puis à l’électricité en 1933. Détruit par les allemands en 1944, il est reconstruit sous sa forme actuelle en 1948, à une hauteur de 33m et en pierres de Cassis, comme le précédent.

Depuis l’édification du phare du mont Saint-Clair (voir ci-dessous), il fait plutôt office de feu, signalant l’entrée du port (feu latéral bâbord, rouge). Il est orné d’une citation de Paul Valéry gravée dans la pierre : « Son œil mobile mêle aux éclairs de périls l’eau riante et la danse infidèle des vagues ». Le phare du môle Saint-Louis se visite (voir l’office de tourisme). L’escalier intérieur (126 marches), magnifique spirale, permet de passer des 6m à la base aux 4,75m de diamètre au sommet.

A Sète, il faut également citer le phare du Mont Saint-Clair    [feu blanc – éclat – 5 s – portée : 29 milles]

Ce dernier installé au-dessus du cimetière marin fut allumé en 1903. Electrifié en 1938, il se présente sous la forme d’une tour hexagonale en pierre haute de 23m, soit une élévation de 93m au-dessus du niveau de la mer.

Le phare du mont Saint-Clair (à gauche)

L’Espiguette              [feu blanc – 3 éclats – 15 secondes – portée : 24 milles]

Situé à la pointe sud-est du golfe d’Aigues-Mortes, il marque pour qui va vers Marseille le début de la Camargue et de son littoral encombré de bancs de sable. Il fut bâti en 1869 pour suppléer celui du Grau-du-Roi considéré comme trop en retrait. Cette tour carrée haute de 27m se trouvait initialement à une centaine de mètres du rivage.

L’ensablement survenu ces dernières décennies la positionne désormais à 700m du bord de mer. Il est lui aussi classé monument historique. La plage de l’Espiguette est l’une des plus belles et des plus sauvages de la région. Prise en tenaille entre les étangs de Camargue au nord et la mer au sud, elle étire ses hautes dunes sur 22 km jusqu’au grau d’Orgon (embouchure du petit Rhône), situé à 3 km des Saintes-Maries-de-la-Mer.

La magnifique plage de l’Espiguette

Enfin, signalons pour son esthétique l’ancien phare du Grau-du-Roi, mis en service en 1829, mais éteint en 1869 lors de la mise en service de celui de l’Espiguette. Classé monument historique, il n’en reste pas moins un beau témoignage du passé maritime de la ville dont le chenal permet toujours d’accéder à Aigues-Mortes.

Le Grau-du-Roi

2 réflexions sur “Les phares de la côte : les sept lumières de notre littoral

  1. Très intéressant et instructif ce tour des phares de la Méditerranée occidentale….Si je puis me permettre une suggestion: Un petit mot au sujet du bateau phare « le Roquerol » en l’honneur de Georges Brassens à Sète…:-)

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